Comment élaborer une première théorie du mal zombie en croisant la pyramide d’Abraham Maslow avec la théorie du cerveau triunique de Paul Mac Lean

Analyser les symptômes grâce à la pyramide de Maslow

Dans mon précédent billet, j’ai appliqué la pyramide de Maslow au survivant afin d’expliquer comment une bonne priorisation des besoins était indispensable à la survie. Appliquée aux zombies, cette pyramide ressemble plutôt à ça:

pyramide des besoins du zombie

Comme vous pouvez le voir, la pyramide des besoins du zombie n’est constituée que d’un niveau: celui des besoins physiologiques, et ce niveau n’est lui même constitué que d’un besoin: se nourrir de chair humaine (avec un préférence pour le cerveau). Sans vouloir rappeler des évidences, cela signifie par exemple:

  • que même après avoir mangé 3 personnes, la seule et unique pensée du zombie sera de manger encore une autre personne (son besoin physiologique est insatiable);
  • qu’un zombie ne va pas chercher à se protéger (il va avancer vers son but tant que l’espoir d’un bon repas se profil);
  • qu’un zombie ne se sent pas forcément proche des autres zombies (pas de sentiment d’appartenance);
  • qu’en l’absence de nourriture, un zombie n’a aucune motivation;
  • qu’un zombie ne tire ou n’attribue aucun mérite au fait de manger quelqu’un (pas d’estime);
  • qu’un zombie ne va jamais s’interroger sur le sens de la vie mais seulement sur le sens dans lequel le survivant est parti.

Rapprocher les symptômes mis en évidence par la pyramide de Maslow de la théorie du cerveau triunique

Là où la pyramide de Maslow appliquée aux zombies devient intéressante, c’est quand on la rapproche de la théorie du cerveau triunique. Tout comme Abraham Maslow, Paul Mac Lean a une vision très sédimentaire de notre comportement. Cependant, alors que Maslow se limite à un travail de taxinomiste, Mc Lean tente d’expliquer l’origine de cette sédimentation. En effet, selon lui, notre cerveau est composé de trois parties:

  • le cerveau reptilien (”primitive brain”), que nous devons à notre premier stade de l’évolution et plus précisément à l’époque où les poissons sont devenus des batraciens. Il gère l’homéostasie (régulation de la respiration, du rythme cardiaque, de la tension, etc.), les besoins primaires (alimentation, sommeil, reproduction), les réflexes innés et notre instinct de conservation.
  • le cerveau paléo-mammalien (”smell brain”), que nous devons à notre second stade de l’évolution, lorsque le reptile est devenu mammifère. Il gère notre mémoire, nos émotions et nos réactions d’alarme et de stress;
  • le cerveau néo-mammalien (”thinking brain”), dont nous devons le développement à notre troisième et dernier stade de l’évolution, lorsque le singe est devenu bipède. Il nous donne la faculté de penser, de communiquer et de prévoir (capacité d’abstraction).

En plaçant ces strates sur une pyramide et en les mettant face à la pyramide de Maslow, nous obtenons le schéma suivant.

pyramide-des-besoins-et-cerveau-triunique

Première théorie du mal zombie: la destruction des cerveaux paléo-mammalien et néo-mammalien

Théorie

Comme vous pouvez le constater, les aspirations des zombies se limitent à celles dictées naturellement par le cerveau reptilien. Le corrolaire est donc que les zombies se comportent comme si leurs cerveaux paléo-mammalien et néo-mammalien avaient été détruits. Ceci n’est certes, pour l’instant, qu’une coïncidence qui demande à être vérifiée par des analyses anatomiques plus poussées mais compte tenu des moyens dont je dispose et de mes connaissances limités en neurochirurgie, je m’en contenterai pour l’instant. Ma théorie est donc qu’une infection d’origine virale, bactérienne, parasitaire ou une mycose détruit ou rend inopérant les cerveaux paléo-mammaliens et néo-mammaliens des sujets infectés, les laissant ainsi à la merci de leurs besoins les plus primaires.

Mettre la théorie en pratique pour mieux se défendre

Si tous les survivants savent désormais que le seul moyen de tuer un zombie est de lui tirer dans la tête (ou de lui retirer sa tête), rares sont ceux qui savent où tirer exactement. La théorie du cerveau triunique peut répondre à cette question.

D’un point de vue anatomique, un cerveau sain se compose de la sorte:

cerveau-triunique-homme

Chez les zombies, comme nous venons de le voir, nous pouvons supposer que le système limbique (qui correspond au cerveau paléo-mammalien) et le néocortexe (qui correspond au cerveau néo-mammalien) sont inopérants, ce qui nous donne le schéma suivant:

cerveau-triunique-zombie

Deux zones doivent donc servir de cible, chacune jouant un rôle particulier:

  • le tronc cérébral va gérer les besoins primaires du zombie, il doit être votre cible prioritaire;
  • le cervelet ne gère que l’équilibre. Il n’est utile de le viser qu’à des fins de divertissement.

Les points de repère pour un tir de précision ou une ablation sont signalés sur le schéma suivant:

detruire-cerveau-reptilien

Détruire une autre zone ne sert à rien. Pour viser juste, visez le nez. Au dessus vous risquez de toucher une zone déjà morte.

Certains d’entre vous auront peut-être eu la surprise de voir un zombie continuer à avancer après un tir à la tête, désormais, ils sauront pourquoi.

A lire pour en savoir plus

Comment ne pas céder à la panique en appliquant la pyramide des besoins de Maslow

Ce sont les premiers jours de l’attaque que les pertes ont été les plus lourdes. Entre les pillages, les actes de bravoure stupides et ceux qui se sont condamnés à mourir de faim en allant s’enfermer dans leur cave, on estime actuellement que 47% des personnes comptées comme mortes ou disparues n’ont pas été victimes des zombies mais simplement de leur propre stupidité. Si j’ai réussi à rester en vie durant les premières heures, c’est avant tout parce que je me suis forcé à prioriser mes besoins et je pense que sans avoir eu la présence d’esprit d’appliquer la pyramide des besoins d’Abraham Maslow, j’aurais certainement cédé à la panique en faisant passer mes peurs avant mes besoins primaires.

La pyramide des besoins d’Abraham Maslow

La pyramide des besoins de Maslow est une théorie psychologique utilisée en marketing. Elle nous dit qu’en tant qu’individu, consommateur ou salarié, nous avons les besoins suivants:

La pyramide des besoins de Maslow en temps normal

Schéma

pyramide-des-besoins-en-temps-normal

Commentaires

- Niveau 1 : les besoins physiologiques: manger, boire, dormir, copuler, déféquer;
- Niveau 2 : les besoins de sécurité: ne pas avoir peur du lendemain, que ce soit à propos de son emploi, de violence, d’assurance maladie, de relation amoureuse;
- Niveau 3 : les besoins d’appartenance: se sentir membre d’un groupe, d’une famille, d’un couple, d’une société (les ressources humaines adorent jouer avec ceux là: ils ne coûtent pas grand chose à l’entreprise et sont pourtant assez bas dans la pyramide);
- Niveau 4 : les besoins d’estime: être reconnu et se sentir valorisé;
- Niveau 5 : les besoins de réalisation: découvrir de nouvelles choses, s’accomplir.

La règle est que nous sommes amenés à combler les besoins du bas de la pyramide avant de passer à l’étage supérieur. En marketing, cela signifie qu’il ne sert à rien de vendre des produits Bio (et donc répondre à un besoin d’estime de soi) à quelqu’un qui a déjà du mal à s’acheter des produits de première nécessité (quelqu’un qui ne comble donc tout juste ses besoins physiologiques et qui ne se sent pas pleinement en sécurité du fait de la précarité de sa situation). Nous allons donc préférer vendre un crédit à la consommation à cette personne pour qu’elle puisse s’acheter un bel écran et donc combler son besoin d’appartenance qui se situe plus bas dans la pyramide.

Appliquer la pyramide de Maslow en cas d’attaque zombie

En cas d’attaque zombie connaître cette théorie peut vous aider à prendre les bonnes décisions et vous sauver la vie. Les premiers jours de l’attaque, de nombreuses personnes, cédant à la panique, ont fait passer le besoin de sécurité avant les besoins physiologiques. Résultat: ils sont aller s’enfermer dans des banques plutôt que dans des supermarchés. Au bout de quelques jours, les besoins physiologiques ont pris le dessus sur le besoin de sécurité: ils sont sortis de manière imprudente pour se nourrir et ont ainsi répondu aux besoins physiologiques des zombies.

Ne faites pas comme eux : si vous voulez vivre, écoutez vos besoins, n’écoutez pas vos envies. Dans un contexte d’attaque zombie, cela nous donne la pyramide suivante

La pyramide des besoins de Maslow en cas d’attaque zombie

Schéma

pyramide-des-besoins-en-cas-d-attaque-zombie
- Niveau 1 : les besoins physiologiques. ils s’illustrent de la même manière que dans un contexte normal;
- Niveau 2 : les besoins de sécurité: trouver des armes, avoir des portes bien fermées, des caméras de surveillance et des systèmes d’alerte;
- Niveau 3 : les besoin d’appartenance: commencer à communiquer avec des survivants;
- Niveau 4 : les besoins d’estime: agrandir son territoire, s’inventer des jeux, écrire un blog, aider les autres;
- Niveau 5 : les besoins de réalisation: faire de la recherche sur la crise que nous traversons, trouver une solution ou prouver qu’il n’est pas nécessaire d’en trouver.

Vous aurez remarqué que c’est autour de ces besoins que j’ai organisé mes réflexions sur la mindmap du survivant.

Si nous étudions bien cette pyramide, nous voyons par exemple que:
- trouver de la nourriture passe avant trouver une arme;
- trouver une arme est plus important que de savoir si votre famille va bien;
- être en sécurité est plus important que de porter secours à quelqu’un. Cela signifie que si vous êtes enfermé avec une personne et que vous ne savez pas si elle a été mordue vous devez l’abattre plutôt que la soigner (la sécurité passe avant l’estime). Ca signifie aussi que sacrifier un ami pour vous sauver est acceptable.
- se poser des questions existentielles est la dernière chose à faire.

C’est en ayant ces priorités en tête que vous survivrez.

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Comment bien ordonner ses idées alors que la chaos règne autour de vous grâce aux cartes heuristiques

Qu’est ce qu’une carte heuristique ?

Souvent utilisée en début de projet, la carte heuristique est une représentation graphique qui permet de structurer les idées qui peuvent émaner d’un brainstorming. Autant apprécié des zombies que des marketeurs, la phase de brainstorming est beaucoup plus structurée que l’on croit et doit rapidement permettre de présenter toutes les hypothèses, options et conséquences d’un projet ou d’une stratégie.

Présenter ses réflexions sous forme de carte heuristique a plusieurs avantages:
- en suivant les arborescences il est simple de vérifier que rien n’a été oublié et qu’on est bien allé au bout de la réflexion;
- il est très simple de rajouter des items en cas d’oubli;
- la structure de la carte heuristique permet d’avoir un premier sommaire.

J’ai choisi d’ancrer mes réflexions autours de deux points de départ: le zombie et le survivant. Cela me donne les deux cartes heuristiques ci-dessous.

Réflexions autour du zombie

Réflexions autour du survivant

Ces deux cartes sont destinées d’une part à être mise à jour au cours de mes réflexions et découvertes et d’autre part à me servir de structure pour les billets de ce blog.

Dans le prochain billet, j’expliquerai notamment quelle théorie marketing m’a poussé à organiser ainsi la réflexion autour du survivant.

A lire pour en savoir plus

Introduction

Un bac avec mention, une prépa, une grande école de commerce, un cabinet de conseil prestigieux, une entreprise du CAC 40, un mariage avec une jolie blonde dans un petit château, une maison en banlieue, un Scénic d’occasion acheté chez un garagiste, un écran plasma de plus de 40 pouces, des relations sexuelles deux fois par semaine, de la musique trop forte, mais pas assez pour déranger les voisins, un labrador jaune nommé Caramel, un restaurant étoilé une fois par mois, le marché le dimanche, des copains pas trop envahissants, une assurance vie, une cuisine Ikéa, les Goncourt des 10 dernières années, une paire de basket usées, des souliers italiens, un tablier de cuistot avec mon nom brodé dessus, une collection de livres d’arts sur les Impressionnistes, des bonjours polis aux voisins, du tri sélectif, des cours de tennis un radio-réveil réglé pour 7 heures sur France Inter, une machine à laver et un mixeur Seb multifonction encore sous garantie: je fis toujours ce qu’on attendait de moi, sans me poser de question, sans en avoir ni le courage ni même l’envie. C’est ce qui faisait que j’excellais dans le monde dans lequel je vivais alors. Je commençais mes journées en espérant que les soirées arriveraient vite, mes semaines en planifiant mes week-end, les mois en comptant les jours qui me séparaient des vacances. A l’heure actuelle, je serais certainement directeur marketing, j’aurais une voiture de fonction, des notes de frais et une secrétaire particulière.

Mais le monde a changé. Ma vie a changé. J’ai écrasé le mixeur encore en marche sur la tête de la jolie blonde, roulé deux fois sur le garagiste avec le Scénic qu’il m’avait vendu beaucoup trop cher, jeté Caramel par la fenêtre pour faire diversion, brûlé la maison avec l’écran plasma, les souliers, le tablier, la cuisine Ikéa, les livres, les voisins et les copains devenus trop envahissants à l’intérieur. Le monde a changé et mon mixeur multifonction n’est plus sous garantie.

Aujourd’hui, je fais partie des rares survivants. Je vis à Paris au troisième étage d’un immeuble dans un très beau 200 m². J’ai l’eau courante, le gaz de ville, l’électricité, une connexion Internet, un voisinage inexistant. Je ne paie ni loyer, ni charges, ni impôts. Je ne sais pas comment l’électricité a été rétablie ni comment Internet fonctionne encore aussi bien maintenant que tout le monde est mort alors que ça ne fonctionnait jamais correctement avant. J’ai sécurisé mon immeuble et y ai entreposé des vivres pour quelques mois, juste au cas où. Je vis dans un quartier sympathique mais un peu mort. Bref, je ne m’en tire pas trop mal et j’ai désormais le temps de souffler, de faire le point sur mes actions de ces derniers mois. Dans le monde de l’entreprise, et plus particulièrement en gestion de projet, on appelle ça un post-mortem. Exquise coïncidence n’est-ce pas ?